• ,

    Pourquoi avons-nous interrogé 21 leaders technologiques africains pour connaître leurs prévisions pour 2026 et quels critères avons-nous retenus ?

    Pourquoi avons-nous interrogé 21 leaders technologiques africains pour connaître leurs prévisions pour 2026 et quels critères avons-nous retenus ?
    Source de l'image : Wunmi Eunice/TechCabal

    Share

    Share

    Chaque année en janvier, la tentation est grande de considérer l'année à venir comme le prolongement direct de la précédente. On relève les grands titres, on suppose une tendance et on construit sa stratégie autour.

    Mais après avoir couvert l'écosystème technologique africain pendant plus d'une décennie, nous savons que les choses n'évoluent pas de façon linéaire. Des changements de politique peuvent créer et détruire des modèles économiques entiers du jour au lendemain. Les capitaux peuvent disparaître, puis réapparaître avec de nouvelles règles et de nouvelles attentes. Un simple changement d'infrastructure dans les paiements, l'identité, la connectivité ou la sécurité peut transformer ce qui était « impossible » hier en inévitable et une « certitude » en naïveté.

    Pour les prédictions 2026 de TechCabal, nous avons opté pour une approche à la fois simple et particulièrement complexe : demander aux acteurs les plus impliqués dans le secteur de présenter leur vision de l’avenir et d’en détailler le raisonnement. Nous avons contacté plus de 50 dirigeants, investisseurs et journalistes de différents secteurs et pays, mais nous n’en publions que 21, certaines contributions ne répondant pas à nos critères et d’autres n’étant pas parvenues à temps.

    Pourquoi nous l'avons fait

    Nous publions cet ensemble de prévisions car l'écosystème a besoin de points de référence partagés, surtout sur un marché en constante évolution où chacun prend souvent des décisions avec des informations incomplètes.

    Les fondateurs veulent savoir quels projets les investisseurs sont susceptibles de financer et lesquels ils refuseront. Les investisseurs, quant à eux, cherchent à comprendre comment les fondateurs envisagent les prochaines opportunités et les risques. Journalistes et analystes souhaitent documenter cette évolution en temps réel. Enfin, les utilisateurs de ces technologies méritent d'être informés des prévisions des acteurs clés de cet écosystème et des changements susceptibles d'intervenir au cours de l'année.

    Nous avons décidé de fournir ces réponses. 

    TechCabal n'est pas qu'un simple média qui relate les événements. C'est aussi, inévitablement, un lieu de débat interne au sein de l'écosystème, où se forgent les récits, où s'amorcent les conversations et où les idées peuvent s'imposer ou être remises en question par l'analyse. Prendre position publiquement et par écrit est l'un des moyens les plus efficaces de faire avancer le débat.

    Et il y a une deuxième raison : la responsabilité.

    Les prédictions vagues sont faciles. Elles permettent à chacun de se croire juste par la suite. Les prédictions précises, en revanche, constituent un bilan. Elles nous permettent de revenir en fin d'année et de nous interroger : qu'avons-nous mal compris ? qu'avions-nous anticipé ? et que nous a appris le marché ?

    Notre démarche

    Nous avons contacté plus de 50 dirigeants, journalistes et investisseurs du secteur technologique africain et leur avons demandé de soumettre une prédiction pour les prévisions 2026 de TechCabal. Nous leur avons spécifiquement demandé trois choses :

    1. La prédiction elle-même (clairement énoncée)

    2. Pourquoi ils pensent que cela va se produire (le raisonnement, les données ou le schéma sous-jacent)

    3. Qu’est-ce qui pourrait empêcher que cela se produise (facteurs de risque, contraintes et modes de défaillance) ?

    Pour garantir la qualité et l'uniformité des réponses, chaque participant a reçu la même consigne : ce que TechCabal entend par « prédiction », ce que nous attendons d'eux et pourquoi nous procédons ainsi. 

    Qu'est-ce qui rend une prédiction de TechCabal digne d'être publiée ?

    Dans notre définition, une prédiction est une thèse : une affirmation concernant un avenir proche qui peut être contestée, testée et réexaminée.

    Nous ne publions pas d'intuitions. Pour qu'une prédiction soit retenue pour les prédictions 2026 de TechCabal, elle doit être étayée par des données probantes. Voici les critères que nous avons pris en compte.

    1) Ancré dans des données ou une raison

    Si une personne prédit un résultat, elle doit en expliquer le raisonnement. Les répondants pouvaient utiliser des données de marché (modèles de financement, croissance du nombre d'utilisateurs, marges), des indices comportementaux (actions déjà entreprises par les organismes de réglementation, les fondateurs ou les investisseurs) ou des parallèles historiques (comportements observés sur des marchés similaires à des points d'inflexion comparables).

    2) Nuancé, avec des modes de défaillance

    Qu'est-ce qui pourrait empêcher cela de se produire ? Si une prédiction ne tient compte d'aucune contrainte, elle est probablement illusoire. Nous avons recherché des répondants capables d'identifier les obstacles à la réalisation de leurs prédictions. Quels revirements politiques, lacunes en matière d'infrastructures, facteurs économiques, changements géopolitiques, comportements des consommateurs, concurrence, pénuries de talents et effets de second ordre pourraient empêcher la prédiction de se réaliser ? 

    3) Suffisamment perspicace pour être utile

    Une prédiction pertinente doit révéler un élément que le lecteur ne percevrait pas facilement par lui-même : un effet de second ordre, une tendance latente ou un changement de cap. Si le lecteur ne peut agir en fonction de la prédiction, celle-ci n’a pas sa place dans notre rubrique « Prédictions ». 

    4) Suffisamment spécifique pour être testable

    Nous avons rejeté le flou car la responsabilité exige de la précision. « Les choses vont s'améliorer » n'est pas une prédiction, mais un sentiment général. Nous avons insisté sur des prédictions assorties de résultats concrets, d'acteurs identifiés, d'échéanciers précis et d'indicateurs mesurables afin de pouvoir évaluer, en fin d'année, ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné.

    Comment lire ce paquet

    Utilisez ces prédictions pour mettre vos hypothèses à l'épreuve, pour tester la robustesse de votre stratégie, pour identifier les questions que vous ne vous posez pas encore, pour comprendre ce que les différentes composantes de l'écosystème optimisent et ce qu'elles redoutent.

    Et ensuite, discutez avec eux. C'est ça le but.

    La meilleure prédiction est celle qui vous aide à prendre de meilleures décisions demain.

    Fin 2026, nous prévoyons de réexaminer ces hypothèses et d'en évaluer la validité. Il ne s'agit pas de dénigrer les erreurs, mais d'en tirer des leçons en toute transparence. L'écosystème est encore jeune dans de nombreux domaines, et l'un des moyens les plus rapides de progresser est d'assumer pleinement nos prédictions : ce que nous pouvons prévoir, ce que nous ne pouvons pas, et pourquoi.