• « En 2026, l’Afrique du Sud connaîtra une accélération rapide de l’adoption des paiements numériques, tant dans le commerce de détail que dans les entreprises. » – Ephraim Modise

    « En 2026, l’Afrique du Sud connaîtra une accélération rapide de l’adoption des paiements numériques, tant dans le commerce de détail que dans les entreprises. » – Ephraim Modise
    Source de l'image : Wunmi Eunice/TechCabal

    Share

    Share

    Prédiction

    En 2026, l'Afrique du Sud connaîtra une accélération rapide de l'adoption des paiements numériques, tant dans le commerce de détail que dans les entreprises. Cette prévision repose sur le constat que, depuis 2024, date à laquelle l'Autorité de conduite du secteur financier (FSCA) du pays a reconnu les crypto-actifs comme des produits financiers, ces derniers sont devenus « légitimes » pour les particuliers et les entreprises.

    Ce qui est intéressant, c'est que vers la fin de 2025, les banques, traditionnellement considérées comme des acteurs des paiements numériques, sont entrées dans la danse. On peut notamment citer la décision de la division Corporate Investment Banking (CIB) d'Absa de s'associer à Ripple pour proposer des services de conservation d'actifs numériques, en commençant par les stablecoins. Cette initiative, surtout de la part d'une banque, devrait inciter de nombreuses autres entreprises à proposer des services liés aux actifs numériques.

    Preuve à l'appui

    Au cours du seul second semestre 2025, certains partenariats dans le domaine des paiements numériques incluent Absa/Ripple, Mukuru/VALR, ainsi que Luno/Discovery Group et Luno/SuperGroup (société mère de Betway).

    Cela témoigne du rythme sans précédent auquel les partenariats ont favorisé l'adoption des paiements numériques au cours des six derniers mois. Par ailleurs, en août 2025, la Banque de réserve sud-africaine (SARB) a ouvert le Système national de paiement (NPS) aux fintechs, ouvrant ainsi la voie à davantage d'innovations dans le domaine des paiements numériques.

    La banque centrale a également lancé le programme de modernisation de l'écosystème des paiements (PEM), créant ainsi un espace supplémentaire pour l'innovation dans le domaine des paiements numériques.

    Facteur de risque

    Comme pour tout autre marché africain, le taux d'adoption des actifs numériques en Afrique du Sud dépendra du cadre réglementaire mis en place par le gouvernement, via la FSCA, ainsi que par la Banque de réserve sud-africaine (SARB). Dans une interview accordée en octobre, le gouverneur de la SARB, Lesetja Kganyago, a exprimé ses inquiétudes quant à la possibilité que, dans certains cas, les stablecoins soient utilisés pour spéculer à la baisse sur le rand sud-africain.

    Cette préoccupation montre que la SARB est consciente de l'impact que peut avoir sur la souveraineté une large adoption des stablecoins. De plus, l'Afrique du Sud est membre des BRICS, qui semblent œuvrer pour la dédollarisation de certains de leurs pays membres, ce qui soulève des interrogations quant à la manière dont les gouvernements envisageraient l'adoption massive de stablecoins adossés au dollar.

    Comme le dit le proverbe, « ce que le régulateur donne, le régulateur le reprend ».

    Qui est Ephraim Modise ?

    Ephraim Modise est un journaliste et écrivain spécialisé dans les technologies, les affaires et la finance en Afrique australe. Il a couvert la région pour TechCabal entre 2022 et 2024, et ses reportages lui ont valu le prix Sanlam d'excellence en journalisme financier en 2024. Il a également remporté le prix #Blog4Dev de la Banque mondiale pour ses écrits sur les liens entre technologies et développement international en Afrique.

    Il rédige actuellement la newsletter Tech Aways et anime le podcast Tech Aways, où il dialogue avec des fondateurs, des investisseurs et des responsables financiers afin de contextualiser les dernières évolutions qui façonnent l'écosystème technologique de l'Afrique australe.