Prédiction
On prévoit une augmentation significative du volume des financements de capital-risque pour les startups africaines en 2026. L'année dernière, les startups du continent ont levé un total de 3.2 milliards de dollars, le montant le plus élevé enregistré sur le continent ces trois dernières années et une augmentation significative de 40 % par rapport aux 2.2 milliards de dollars levés en 2024.
Preuve à l'appui
Ma prévision repose sur le constat que la tendance haussière succède à deux années consécutives de baisse (-35 % en glissement annuel en 2023, -25 % en glissement annuel en 2024). Cette tendance suggère que le repli des financements observé ces dernières années relève davantage d'une correction du marché que d'un déclin définitif de l'écosystème, notamment pour la fintech.
Il est à noter que les annonces de financement qui constituent l'essentiel du montant total ont été réalisées par des startups opérant dans des secteurs autres que la fintech.
En tête de liste, Spiro a levé 100 millions de dollars, l'une des deux plus importantes levées de fonds du secteur de la mobilité électrique sur le continent (avec celle de Moove, également de 100 millions de dollars, en série B en 2024). De même, la startup égyptienne Tagaddod, spécialisée dans les technologies propres, a levé 26.3 millions de dollars lors d'un tour de table de série A. Cette startup utilise la technologie pour collecter, tracer et certifier des matières premières renouvelables issues de déchets, telles que les huiles de cuisson usagées, les huiles acides et les graisses animales.
De même, la startup sud-africaine Ctrack a levé 23.4 millions de dollars en fonds propres. Par ailleurs, Mawingu, un fournisseur d'accès internet kényan qui vise à connecter les communautés mal desservies, a obtenu 20 millions de dollars lors d'un tour de table de série C en octobre.
Et la liste est loin d'être exhaustive. L'annonce par Terra d'une levée de fonds d'amorçage de 11.75 millions de dollars illustre cette nouvelle vague d'investisseurs étrangers soutenant des startups opérant sur des marchés auparavant moins visibles.
Le secteur de la fintech nigériane a levé 230 millions de dollars en 2025. Sur le papier, cela représente une baisse de 44 % par rapport aux 410 millions de dollars levés en 2024. Pourtant, le secteur de la fintech a, en réponse, adopté une tendance à la consolidation par le biais de fusions-acquisitions, comme en témoignent l'acquisition de Brass par Paystack et celle de Mono par Flutterwave.
Cette tendance permettra à l'écosystème de recycler les talents et les ressources dans des modèles plus efficaces.
Facteur de risque
Premièrement, l'écosystème dépend fortement des importants investissements de capital-risque étrangers. À l'avenir, il lui faudra diversifier ses sources de financement, notamment en s'appuyant sur des acteurs locaux capables de démontrer leur valeur ajoutée à chaque étape. Comme l'a déclaré Tomi Davies, CiC chez TVC Labs : « Les écosystèmes qui prospéreront seront ceux qui sauront financer leur croissance grâce à une approche multicanale, et non par un seul investissement. »
Deuxièmement, les fondateurs doivent mûrir et se montrer à la hauteur de la confiance des investisseurs. Or, nous avons constaté une tendance où de nouveaux fonds découvrent des fondateurs africains qui vendent du rêve, lèvent des fonds en misant sur le potentiel du continent, mais dépensent le capital de manière douteuse.
La prochaine génération d'investisseurs recherchera probablement des fondateurs ayant apporté des réponses plus nuancées quant à la véritable création de valeur. Le passage des indicateurs de performance superficiels à la rentabilité n'est plus une option, mais une nécessité.
En définitive, une chose est sûre : les entreprises qui trouveront la bonne solution ne se contenteront pas de survivre en 2026. Elles prospéreront et définiront ce que deviendra la fintech africaine pour la prochaine décennie.
Qui est David Afolayan ?
David Afolayan est le cofondateur, éditeur et directeur de la rédaction de Technext.ng, l'une des principales plateformes d'information technologique en Afrique. Il a cofondé Technext en 2017 afin de donner plus de visibilité aux actualités technologiques africaines et a supervisé son développement jusqu'à en faire un média largement lu, couvrant les politiques technologiques, les startups, l'innovation et l'analyse du secteur.
Afolayan est un journaliste spécialisé en technologies et un expert en stratégie de communication numérique, fort d'une expérience de près de dix ans en stratégie de contenu, image de marque et production audiovisuelle. Son travail englobe le reportage, la direction éditoriale et le conseil auprès d'entreprises technologiques, bancaires et d'entreprises en général.
















