Prédiction
En 2026, l'écosystème technologique africain connaîtra une nouvelle accélération des fusions-acquisitions stratégiques. Les fintechs, les acteurs bancaires traditionnels, ainsi que d'autres leaders du marché capitalisé, représenteront une part importante des acquisitions. La Banque centrale du Nigéria s'efforce activement d'assainir le secteur des fintechs, et il faut s'attendre à ce que la consolidation des licences, les partenariats stratégiques et les alliances soient les moteurs de croissance, en réponse à la politique gouvernementale, plutôt qu'une croissance organique.
Preuve à l'appui
En 2025, l'Afrique a enregistré un nombre record de 67 opérations de fusions-acquisitions, selon le rapport TC State of Tech in Africa 2025. Cela représente une augmentation de 72 % par rapport à l'année précédente, le secteur de la fintech comptant à lui seul pour 46 % de ces acquisitions. Cette forte croissance a coïncidé avec une concentration des capitaux (83 % des financements étant alloués à des opérations supérieures à 10 millions de dollars) et une augmentation des fermetures de jeunes entreprises, créant ainsi à la fois des vendeurs motivés et des acheteurs disposant de fonds importants.
Ces signaux indiquent clairement que la consolidation devient la voie dominante de croissance et de sortie, et non une anomalie. De plus, à mesure que la Banque centrale du Nigéria (CBN) renforce son contrôle, les lancements de fintechs « à la dure », sans autorisation réglementaire, deviendront plus rares. Dans un environnement strictement réglementé, les investisseurs hésiteront fortement à financer des entreprises en phase de démarrage qui ne disposent pas des licences et autorisations gouvernementales requises.
Facteur de risque
Un ralentissement de l'économie mondiale, notamment compte tenu des récentes tensions géopolitiques entre les États-Unis, l'Europe et d'autres acteurs clés, peut rendre l'accès au capital difficile même pour les plus grandes entreprises de la fintech.
En période d'incertitude, les capitaux sont toujours réticents au risque, et les tensions internationales actuelles pourraient inciter les gestionnaires de fonds à privilégier les valeurs refuges. Par ailleurs, un choc macroéconomique brutal au Nigéria ou une nouvelle crise monétaire pourraient contraindre même les entreprises les plus solides à privilégier la préservation de leur bilan plutôt que leur expansion.
Qui est Lola Masha ?
Lola Masha est associée chez Antler Africa, une société internationale de capital-risque spécialisée dans les jeunes entreprises et qui soutient les fondateurs dès leurs débuts. Basée à Lagos, elle possède plus de 15 ans d'expérience en leadership dans les secteurs de la technologie, de l'agriculture et de la mobilité, et a contribué à la croissance d'entreprises et au lancement d'initiatives de création d'entreprises à travers le continent.
Avant de rejoindre Antler, elle était cofondatrice et directrice de Babban Gona, une entreprise sociale soutenant les petits exploitants agricoles au Nigéria, où son travail a contribué à l'expansion de l'organisation et à son soutien à des centaines de milliers d'agriculteurs. Elle a également été directrice nationale d'OLX Nigeria, puis directrice générale régionale de Bolt pour l'Afrique du Nord, de l'Est et de l'Ouest, supervisant les opérations stratégiques sur des marchés de la mobilité concurrentiels. Auparavant, elle a travaillé chez Google au développement commercial et à la stratégie produit pour les marchés émergents.
















